L’égalité une valeur en hausse? Merci aux grands patrons

La demande d’égalité passe devant la demande de liberté pour la première fois en France : 57% contre 40% (1). En 81, date symbolique pour la gauche, la liberté prédominait à 53% contre 32% et en 1999, elle restait devant à 49% contre 42%.

8 ans de politique de droite en seraient-ils pour quelque chose?

En tout cas, nous ressentons tous cette réaction contre l’injustice des inégalités qui fait l »histoire des révolutions en France et qui  se traduit dans la perte de réalité de quelques grands patrons sur le grill des média depuis quelques semaines. Le problème vient du fait que le système de rémunération de ceux-ci n’est pas fondé sur une logique de marché  libre contrairement à ce que certains tentent de démontrer mais sur un système de niche et de cooptation : les comités de remunération des grandes sociétés cotées en bourse sont constitués de patrons d’autres sociétés membres des conseils d’administration : ainsi un patron décide de la rémunération de son collègue patron qui lui même va décider de la rémunération d’un troisième. Les intérêts sont croisés et le fait de décider d’une hausse pour un collègue rejaillit indirectement sur sa propre rémunération à assez court terme.

C’est ce sytème qu’il faut changer, et si possible au niveau européen. Il n’y pas de justice sans séparation des pouvoirs : plusieurs solutions existent : que les actionnaires arrêtent de déléguer leur pouvoir aux conseils d’administrtaion dans les assemblées (facile à dire quant le capital est trusté), que les comités de rémunération soient composés par la loi de personnalités indépendantes pour vérifier que quelques principes simples comme ceux qui ont gouverné au capitalisme social juqu’au début des années 80(qui se traduisait un écart de 1 à 20 maximum entre les rémunérations des cadres les mieux payés et celui des salariés les moins bien payés d’une même entreprise) soient définis par une réglementation européenne.

Serait-ce le retour de la lutte des classes. Sans doute un peu et surtout la volonté de faire en sorte que la liberté et le capitalisme n’aboutissent pas à une concentration des richesses et du patrimoine dans les mains de quelques uns sans rapport avec le mérite qu’ils auraient pu avoir. Que les membres des comités de rémunération se souviennent de leur cours d’histoire économique dans les grandes écoles s’il ne veulent pas contribuer à l’explosion sociale!

 

(1) Enquete 2008 sur les valeurs des francais (institut de sondage Laviale)

Auteur :Thomas LAURET

Originaire du Sud de la France (Montpellier et Nîmes), Thomas LAURET, 43 ans, choisit la gestion d'un service public essentiel à notre santé en devenant Directeur d'hôpital après ses études à Sciences Po. Il prolonge son engagement dans la chose publique en soutenant les valeurs progressistes de la gauche sociale et démocrate dans un arrondissement particulièrement acquis à la droite, le 16e arrondissement de Paris. Il est élu conseiller d'arrondissement aux élections municipales de 2008 dans le 16e sur la liste conduite par Jean-Yves MANO, l'adjoint de B Delanoë au logement. Il est élu secrétaire de la section PS du 16e en 2012. Investi tête de liste par les militants pour les municipales 2014, il est élu Conseiller de Paris et du 16e en mars 2014. A ce titre, il préside l'association parisienne de dépistage des cancers (ADECA75)

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2 Réponses à “L’égalité une valeur en hausse? Merci aux grands patrons”

  1. Esteban
    9 mai 2009 à 21:10 #

    Thomas, pour bien clarifier je ne suis pas contre le fait que les parlementaires touchent des retraites. Mais uniquement quand ils sont réellement à la retraite (et pas en cumulant un salaire d’actif avec une retraite) et avec un niveau correspondant à leur salaire de parlementaire et à la durée de ce que fût leur mandat (comme pour tout autre travailleur). Par ailleurs,comme tu le dit les « grands patrons » auquels tu fais référence ne sont qu’une infime minorité des entrepreneurs en France (et sont ils vraiment des entrepreneurs ou plutôt des « gestionnaires »?). Et finalement, il faut savoir tout relativiser. Un revenu annuel de parlementaire à 100.000 euros représente presque 6 fois le revenu moyen d’un français.
    La crédibilité des élus passera par le fait qu’ils s’appliquent à eux mêmes les règles qu’ils souhaitent imposer aux citoyens, ce qui pour l’instant reste une vaine utopie.
    Esteban

  2. 7 mai 2009 à 20:59 #

    Faisons bien la différence entre un entrepreneur qui a créé sa société et les responsables des grands groupes cotés. Les qualités pour arriver au sommet sont fort différentes. Je ne suis pas choqué par le fait que les parlementaires touchent des retraites. Le revenu moyen annuel d’un patron du cac 40 équivaut à 20 à 40 ans de vie de parlementaire à 100 000 euros par an environ . Voila l’écart de valeur que notre société accorde selon des principes qui n’ont de « libéraux  » que la référence didactique au « marché » qu’en font les défenseurs. Si le « marché » des grands patrons était pur et parfait au sens d’Adam Smith, le niveau de leur rémunération serait bien moindre . En revanche je considère qu’il convient d’ajuster le régime de retraite des parlementaires pour qu’il se rapproche du droit commun

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