Pourquoi Montebourg et les frondeurs ont tort sur le fond comme sur la forme

Pourquoi Montebourg et les frondeurs ont tort sur le fond comme sur la forme

Sur la forme,  un ministre de l’Économie qui critique la politique qu’il est chargé de mettre en œuvre et qu’il a contribué à élaborer, c’est le signe d’un défaut de solidarité, d’un défaut de loyauté mais aussi d’une incohérence de positionnement personnel. Cela entame le crédit du gouvernement tout entier et cela mine la confiance dont ont besoin les acteurs économiques et les Français pour réinvestir.

Il remet avec les frondeurs sur la table un débat interne au PS qui a été tranché dès l’élection présidentielle  : on a décidé de réduire le déficit pour stabiliser la dette proche de 94% du PIB contre 60% en 2007, réduire le coût des intérêts de la dette et assainir les comptes publics. Les suites de ce débat ont aussi été tranchées par le vote de la confiance au gouvernement Valls et le vote du Pacte de responsabilité : on n’augmente plus les impôts pour ne plus gréver les revenus des Français mais on réduit les dépenses publiques de 50Md€.

Sur le fond, le ministre critique une réduction trop rapide des déficits et un aide trop importante aux entreprises et prône un soutien de la demande.

Or, quand le déficit 2014, dont le ministre de l’économie est comptable avec son collègue du budget, risque d’être proche voir supérieur à celui de 2013 (4,3%/PIB), ce n’est pas une réduction trop rapide du déficit à laquelle on assiste…. Au contraire, la réduction du déficit est plus lente qu’espérée en raison  d’une croissance qui reste globalement atone en Europe et malgré les hausses d’impôts.

Quand  l’État fait des dépenses supérieures de 25% à ses recettes (310Md€ de dépenses pour 230Md€ de recettes et 80Md de déficit), il fait déjà de la relance par la demande…. Que propose le ministre  sinon d’accroitre cet écart? La croissance ne peut continuer à dépendre artificiellement de la dette publique quand celle-ci est à peine stabilisée (94% du PIB et 45 Md€ de dépenses d’intérêts de la dette, soit plus de la moitié du déficit).

Dette sur Pib GraphIR

Quant à la réduction de 50Md des dépenses publiques, elle est annoncée, engagée, mais elle n’est pas encore réalisée. Elle se heurtera à de nombreux conservatismes, corporatismes, et intérêts particuliers (cf. le débat sur la suppression des départements). Il faut donc de la fermeté et un engagement collectif et sans faille du gouvernement pour réussir à réaliser ces économies.

Quant au soutien à la demande pour les classes moyennes, la baisse des impôts vient de concerner 4,2M de Français faisant passer la part d’assujettis à l’impôt sur le revenu de 53% à 48,5% des Français.

Le pacte de responsabilité  prévoyait aussi une réduction des cotisations salariales sur les bas salaires limitant déjà la réduction du déficit. Pour répondre au veto du conseil constitutionnel,  le Président  vient d’annoncer la fusion entre la prime pour l’emploi et le RSA pour les « travailleurs pauvres ». Ainsi le gouvernement a pris en compte le difficile équilibre entre politique de l’offre et soutien de la  demande réclamée par les frondeurs.

Si on continuait la politique menée depuis 30 ans avec les frondeurs, les écolos et ces ministres, qui consiste à soutenir la croissance  par une hausse des dépenses publiques et sociales et une hausse de la dette, la France serait rapidement en banqueroute comme le fut la Grèce. Les déclarations d’Arnaud Montebourg sont donc erronées sur le plan économique et irresponsables sur le plan politique car simplement politiciennes.

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Auteur :Thomas LAURET

Originaire du Sud de la France (Montpellier et Nîmes), Thomas LAURET, 46ans, devient Directeur d'hôpital en 1997 après ses études à Sciences Po.Inspiré par M Rocard dès son adolescence, il s'engage pour le PS en 2002 dans le 16e ou il habite en soutenant un projet qui allie efficacité économique, lutte contre la pauvreté et protection de l'environnement. Il est élu conseiller d'arrondissement en 2008 puis Conseiller de Paris en 2014. A ce titre, il préside l'association parisienne de dépistage des cancers (ADECA75). Depuis juillet 2016, il est adhérent d'En Marche et, convaincu de la nécessité de dépasser les vieux clivages pour faire réussir la France. Il a créé avec Julien Bargeton, en octobre 2017, le groupe Démocrates et Progressistes du Conseil de Paris dont il est Porte Parole

2 Réponses à “Pourquoi Montebourg et les frondeurs ont tort sur le fond comme sur la forme”

  1. Vallet
    27 août 2014 à 10:05 #

    Pas tout à fait d’accord avec Thomas Lauret, je pense qu’une politique alternative est possible à condition bien sûr que nous soyons plus ferme dans nos convictions à l’égard de la commission européenne. La politique appliquée actuellement par le gouvernement Valls va, certes dans la bonne direction, mais à condition qu’elle soit accompagnée soit d’une forte relance des investissements, soit d’une dévaluation de fait par rapport au dollar (ce que l’Allemagne refuse énergiquement). Sinon on va droit vers la déflation avec un accroissement des déficits. Bien entendu je souhaite, pour la France, me tromper cela va de soi.
    Quant à Montebourg je condamne fermement son comportement qui apporte du désordre au moment où la cohésion est nécessaire.

  2. Santo
    26 août 2014 à 06:40 #

    Je suis bien d’accord.. Cette trahison de Montebourg n’a donc d’autres raisons que politiciennes mon commentaire http://contre-regard.com/la-trahison-de-montebourg/

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