L’intervention de T Lauret en Conseil de Paris « Rendons l’offre de soins en secteur 1 plus accessible et agissons durablement contre la pollution »

Je souhaite ici saluer toute l’ambition de notre collectivité d’améliorer la santé des parisiennes et des parisiens en insistant sur deux objectifs : rendre l’offre de soins en secteur 1 plus accessible sur l’ensemble de notre territoire et agir durablement contre la pollution.

Notre collectivité dispose d’un nombre très important de professionnels de santé sur son territoire. Cependant, l’offre de soins parisienne se caractérise par une faible densité de la médecine générale. Il y a seulement 53 omnipraticiens exerçant la médecine générale pour 100 000 habitants à Paris, pour 80/100 000 au niveau national.

Elle se caractérise aussi par un niveau de dépassement tarifaire très important en médecine libérale qui s’explique, en partie, par le coût de l’immobilier. Il se traduit également par une augmentation des complémentaires santés.

Cette carence en offre de soins de 1er recours, notamment dans le nord est parisien, accentue des inégalités sociales et territoriales de santé et précarise les plus vulnérables (8,1% des patients parisiens bénéficient de la CMU contre 6,5% en France). Prises dans le souci du quotidien et dans des difficultés plus immédiates les personnes défavorisées ont tendance à prêter moins attention à leur santé et risquent donc d’arriver devant le médecin de ville ou aux urgences à un stade plus avancé de la maladie.

Ainsi, je suis très heureux que se concrétise à Paris, une volonté portée par tous ceux qui réfléchissent sans corporatisme à la question de l’accès aux soins. Paris se mobilise pour faciliter l’accès à un généraliste de proximité pratiquant des consultations au prix de la sécurité sociale avec 4 mesures principales.

  1. Renforcer l’offre en centre de santé : offrir d’avantage de créneaux de consultation par l’extension des horaires d’ouverture jusqu’à 19h en semaine dans les 6 centres de santé municipaux. A titre d’exemple, cette expérimentation a déjà commencé dans le centre de santé Au Maire – Volta du 3ème arrondissement (2 jours par semaine, en ce moment, puis bientôt toute la semaine). La Ville de Paris, conformément au vœu de Pierre Aidenbaum, mettra tout œuvre pour que l’offre de soin et de prévention du centre Au Maire – Volta soit renforcée en recrutant, notamment, du personnel pour une meilleure occupation des cabinets à temps plein.
  2. Aider à la création de maisons de santé pluridisciplinaires en tenant compte du maillage territorial (aide à l’identification de locaux comme par exemple, emprises réservées à Batignolle, soutien à l’investissement et appui méthodologique)
  3. Soutenir l’installation de professionnels en secteur 1 et en exercice regroupés, ce qui est la principale nouveauté :

→   en mettant à disposition le parc immobilier des bailleurs sociaux de la Ville à des prix bien inférieurs à ceux du marché avec des baux de 9 ans (environ 200€/m²/an alors que dans certains quartiers il peut s’élever jusqu’à 350-400€/m²/an)

→   en accompagnant les professionnels de santé dans leurs démarches de diagnostic local, de prospection foncière et d’installation par la création d’un guichet unique

Ceci permettra, en outre, de répondre à la demande des jeunes praticiens d’exercer à plusieurs pour partager les contraintes et d’échanger sur les cas complexes.

    4.    Optimiser les filières de soins en développant la coordination, les échanges et le réseau entre les centres, les maisons de santé et les médecins de ville en lien avec les hôpitaux parisiens.

Il s’agit de faciliter l’accès aux spécialistes hospitaliers grâce aux prises de rendez-vous directement effectuées par le personnel d’un centre, maison ou pôle de santé pour un patient par internet/logiciel.

Par ailleurs, Paris agit durablement sur la santé environnementale en menant une politique contre la pollution.

La pollution de l’air extérieur et intérieur à Paris est un réel problème sanitaire auquel les millions de personnes qui habitent, travaillent ou séjournent dans notre ville sont exposés. Les efforts engagés par Paris depuis plus de 10 ans pour faire baisser la pollution nous ont permis de progresser (nous respirons 35% de particules fines, 30% d’oxydes d’azote et 13% d’émissions de CO2 de moins qu’il y a dix ans). Cependant, parce qu’elle conditionne directement la santé de nos concitoyens, la lutte contre la pollution liée au trafic automobile, en général, et au diesel, en particulier, doit être intensifiée à l’occasion de l’élaboration du Plan de Santé Environnemental qui sera présenté au Conseil de Paris de septembre 2015.

Les actions suivantes, déjà engagées, doivent être déployées.

  • La conduite exemplaire de notre municipalité qui consacre 5 millions d’euros au renouvellement de sa flotte municipale, hors véhicules utilitaires, aux énergies hybride et électriques (d’ici 2015 plus aucune berline ni citadine de la Ville ne sera diesel)
  • La poursuite de l’installation de bornes de recharges électriques
  • La facilitation du quotidien des parisiens qui choisissent de passer au véhicule électrique : le stationnement est d’ores et déjà gratuit pour les véhicules électriques sur les emplacements payants jusqu’à 24 heures pour le stationnement résidentiel, et pour une durée de 2 heures pour le stationnement visiteur.
  • L’incitation des bailleurs sociaux à aller plus vite et plus loin dans l’obligation, instituée par le législateur, de créer un véritable « droit à la prise » (à partir du 1er janvier 2015, 10% des places de stationnement devront être équipées avec une installation électrique). Les habitants des logements sociaux n’ayant pas le monopole de l’utilisation des parkings des bailleurs sociaux, cette offre supplémentaire de bornes de recharge pour véhicules électriques profiterait à l’ensemble des parisiens.
  • L’incitation des copropriétés disposant de parking à installer des prises électriques en agréant, par exemple, des installateurs.

Et pour ceux qui doutent encore de la voiture électrique compte tenu l’origine nucléaire de notre production, je tiens à préciser que l’électricité produite par le photovoltaïque est en passe de devenir moins chère (8-9c le KWH) que l’électricité nucléaire 11-12c (avec l’impact de l’EPR et le coût de maintenance des centrales). La production d’énergie grâce au photovoltaïque a de belles journées ensoleillées !

Ainsi, Paris agit avec ses partenaires ARS, CPAM, hôpitaux, associations pour soutenir et inciter les professionnels de santé à s’installer en secteur 1 et réduit ainsi les freins à l’accès aux soins d’ordre financier et les inégalités territoriales.

En luttant contre la pollution, elle réduit l’exposition des parisiens aux pollutions de l’air et aux perturbateurs endocriniens cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction. Cette double action est essentielle pour agir durablement pour la santé des parisiens.

Crédits photo : Mairie de Paris

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Auteur :Thomas LAURET

Originaire du Sud de la France (Montpellier et Nîmes), Thomas LAURET, 43 ans, choisit la gestion d'un service public essentiel à notre santé en devenant Directeur d'hôpital après ses études à Sciences Po. Il prolonge son engagement dans la chose publique en soutenant les valeurs progressistes de la gauche sociale et démocrate dans un arrondissement particulièrement acquis à la droite, le 16e arrondissement de Paris. Il est élu conseiller d'arrondissement aux élections municipales de 2008 dans le 16e sur la liste conduite par Jean-Yves MANO, l'adjoint de B Delanoë au logement. Il est élu secrétaire de la section PS du 16e en 2012. Investi tête de liste par les militants pour les municipales 2014, il est élu Conseiller de Paris et du 16e en mars 2014. A ce titre, il préside l'association parisienne de dépistage des cancers (ADECA75)

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