Conseil de Paris : intervention de Thomas LAURET sur le centre d’hébergement d’urgence Allée des Fortifications

Conseil de Paris : intervention de Thomas LAURET sur le centre d’hébergement d’urgence Allée des Fortifications

A l’occasion du Conseil de Paris des 29 et 30 mars 2016, Thomas LAURET est intervenu en faveur de l’implantation d’un centre d’hébergement d’urgence situé Allée des Fortifications, à la lisière du Bois de Boulogne, dans le 16e arrondissement.

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Je veux avec un petit peu de sourire rappeler que la droite qui est sur ces bancs fait aujourd’hui appel à l’histoire de la solidarité du 16e arrondissement en faisant référence à des institutions religieuses qui se sont installées dans le 16e arrondissement à une époque où, pour nombre d’entre elles, le 16e arrondissement n’existait pas. Où se sont installées ces institutions religieuses ? Elles se sont installées dans des espaces verts disponibles entre les villages d’Auteuil, de Chaillot et de Passy.

Ce n’est pas la première fois que l’on discute de ce sujet, sujet qui a été débattu au Conseil de Paris de façon parfaitement démocratique. La délibération du Conseil de Paris n’est pas un « diktat », c’est une délibération prise démocratiquement par les représentants du peuple de Paris.

Alors, évidemment, je suis favorable à cette nouvelle délibération qui n’est qu’une étape supplémentaire qui permet d’accorder la garantie de la Ville à l’emprunt souscrit par l’association « Aurore ». Néanmoins, je dois quand même rappeler que les propos qui ont été tenus à Dauphine sont particulièrement graves et ils sont graves du fait d’une absence sidérante de mauvaise conscience de certains des participants à cette réunion.

La réunion qui s’est tenue dans les locaux de l’université n’était pas un événement isolé. C’était le résultat d’une campagne organisée depuis le mois de novembre par le Maire du 16e arrondissement et par ses partisans contre ce projet de solidarité.

Deux jours après cette réunion, lors du Conseil d’arrondissement du 16 mars, j’ai condamné solennellement l’attitude et les insultes proférées par certains des participants – je dis bien « certains », nombreux, mais certains – à la réunion, à l’égard d’abord des S.D.F., ensuite de la Préfète, du Président de l’Université, des responsables de l’association « Aurore » et des élus.

J’ai également rappelé le professionnalisme de l’association « Aurore » depuis 150 ans, et le devoir moral de solidarité qui doit motiver l’accueil de personnes sans domicile fixe – je parle bien, parce que ce terme a été galvaudé plusieurs fois, de « devoir moral » -, quand 21 d’entre eux ont trouvé la mort dans les rues de Paris depuis le début de l’année.

J’ai moi-même été insulté et soumis par le Maire du 16e arrondissement à la vindicte de ses partisans après qu’il a affirmé que je ne serais même pas du 16e arrondissement. Qu’est-ce qu’illustre ce terme ? Cela illustre le refus de la différence et de la mixité, y compris quand cette mixité se traduit par des opinions politiques différentes : celle de l’élu socialiste que je suis, élu depuis 2008 et qui réside dans le 16e arrondissement depuis plus de 15 ans.

Alors, plutôt que de rechercher l’apaisement, le Maire du 16e arrondissement a systématiquement attisé le rejet de la part des opposants au projet, jusqu’à se trouver dépassé lui-même par le résultat de cette réunion. Nous devons condamner fermement cette attitude qui consiste à exciter les peurs et qui a conduit à libérer la parole de haine, qui s’est traduite par les débordements de Dauphine.

Le Maire du 16e arrondissement porte une grande responsabilité dans ces débordements, et Marcel GAUCHET, qui a été invité le 22 mars par le président de Dauphine pour procéder à la réhabilitation de l’amphithéâtre Edgar Faure, nous alerte contre le risque de dislocation de la démocratie par le haut que génèrent de tels propos. Ils traduisent en effet le refus de l’appartenance à la collectivité, en l’occurrence, la collectivité de Paris, une ville solidaire, et qui est forte parce qu’elle est solidaire.

Le Maire du 16e arrondissement a aussi affirmé qu’il ne s’était jamais opposé à un projet de centre d’hébergement d’urgence dans le 16e arrondissement, durant la réunion. Je lui ai rappelé, comme je l’ai fait à Dauphine, une question écrite de sa part envoyée en 2008 à la Ministre de l’Intérieur de l’époque, Mme ALLIOT-MARIE, et dans laquelle il s’oppose à l’accueil temporaire de 69 S.D.F. dans l’hospice des Petites Sœurs des pauvres, rue de Varize, proche du Parc des Princes, au prétexte que – je cite – l’implantation d’un centre de stabilisation à proximité de l’enceinte sportive peut faire l’objet d’actes délictueux des « hooligans ».

Il a toujours une mauvaise raison de s’opposer aux projets de mixité, qu’il s’agisse d’hébergement d’urgence, de logements sociaux ou d’accueil des plus démunis. Quand il s’agit aussi de l’accueil du très poétique cirque tzigane, pendant la campagne de 2014, nous retrouvions les mêmes tracts, avec des photomontages dans le bois de Boulogne de caravanes et de tentes. Cette attitude dégrade la démocratie. Il faut en avoir conscience et il faut être prudent de cela, Monsieur GOASGUEN.

Le centre d’hébergement est provisoire. Vous avez, le maire du 16e, nous tous, avons trois ans pour faire des propositions sérieuses sur un autre lieu de l’arrondissement, et non des propositions dilatoires. Et vous le savez très bien. Si nous avions proposé ce projet n’importe où dans l’arrondissement, il y aurait eu les mêmes attaques, les mêmes remarques d’une partie encore de la population. Je le sais depuis que je milite dans cet arrondissement et que je suis injurié systématiquement sur les marchés par 2 ou 3 % de la population, à chaque fois que nous distribuons des tracts et que nous faisons valoir une opinion différente.

Une étudiante de Dauphine élue de Saint-Cloud et un collectif d’habitants, que je soutiens, ont lancé une pétition en faveur de l’ouverture de ce centre. Cette pétition a heureusement, et cela fait chaud au cœur, plus de 50.000 signatures aujourd’hui. A Paris, la solidarité est l’affaire de tous, y compris des arrondissements de l’Ouest. Un 16e arrondissement humaniste existe, je le confirme. C’est celui que nous voulons promouvoir.

Je vous remercie.

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Auteur :Thomas LAURET

Originaire du Sud de la France (Montpellier et Nîmes), Thomas LAURET, 46ans, devient Directeur d'hôpital en 1997 après ses études à Sciences Po.Inspiré par M Rocard dès son adolescence, il s'engage pour le PS en 2002 dans le 16e ou il habite en soutenant un projet qui allie efficacité économique, lutte contre la pauvreté et protection de l'environnement. Il est élu conseiller d'arrondissement en 2008 puis en 2012 puis Conseiller de Paris en 2014. A ce titre, il préside l'association parisienne de dépistage des cancers (ADECA75). Depuis juillet 2016, il est adhérent d'En Marche et, convaincu de la nécéssité de dépasser les vieux clivages pour faire réussir la France, il choisit de s'engagerdans la campagne sénatoriale avec Julien Bargeton sur la liste majorité présidentielle LREM.

2 Réponses à “Conseil de Paris : intervention de Thomas LAURET sur le centre d’hébergement d’urgence Allée des Fortifications”

  1. 6 juillet 2016 à 11:39 #

    Cher Monsieur,
    Vous avez certainement eu l’information depuis votre message. Le TA ayant validé le projet, les travaux préparatoires ont démarré il ya quelques jours, pour une livraison en septembre ou octobre.
    Bien à vous

  2. Pick Robert
    2 mai 2016 à 20:54 #

    Monsieur le Conseiller
    Je suis passé hier devant l’emplacement sur lequel devait se construire le centre d’hébergement. rien n’a encore été entrepris. Pour quelles raisons (juridiques?, pratiques?, autres?) cette construction n’est pas encore commencée? Savez-vous quand elle le sera? Quid du temps prévu pour sa construction?

    Robert Pick
    Professeur d’Université honoraire

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