Conseil de Paris : intervention de Thomas LAURET sur la lutte contre la pollution

Conseil de Paris : intervention de Thomas LAURET sur la lutte contre la pollution

À l’occasion du Conseil de Paris des 12, 13 et 14 décembre 2016, Thomas LAURET est intervenu dans le cadre du débat budgétaire pour rappeler l’urgence sanitaire que constitue la pollution de l’air et les mesures mises en place par la Ville de Paris pour lutter efficacement contre dans l’intérêt des Parisiens et des Franciliens.

Mes chers collègues,

Je voudrais, à l’occasion du débat budgétaire, insister sur l’importance de notre engagement budgétaire pour la lutte contre la pollution au nom de notre collectivité, mais aussi au nom de tous les Parisiens et les Franciliens.

En effet, juste avant le pic de pollution le plus long et le plus intense que nous avons connu depuis dix ans, certains élus de droite montraient avec un cynisme coupable leur capacité à faire renaître leur pulsion conservatrice de défense du modèle automobile des années 1970.

Cette remarquable modernité s’est traduite d’abord dans la dénonciation des berges piétonnes. Une mesure qui serait responsable de tous les maux d’Ile-de-France, de tous les bouchons franciliens, comme si les berges rive droite étaient la seule route existante pour traverser l’Ile-de-France d’Ouest en Est.

Ce serait par ailleurs une décision unilatérale, comme si nous n’avions eu des heures de débat dans cette Assemblée, la droite proposant, je le rappelle, non pas de s’opposer à la fermeture mais une solution de passage alternatif entre les quais hauts et les quais bas, solutions très pratiques en cas de crue pour noyer les voitures dans la Seine.

Ensuite, nous avons eu l’argumentaire dilatoire : ce serait la faute de l’industrie allemande, oubliant à ce moment-là que les vents d’Ouest sont majoritaires dans notre secteur. Puis la cause de la pollution serait industrielle, donc il faudrait laisser tranquilles les automobilistes.

Soyons objectifs, le pic de pollution est lié à la conjonction de plusieurs phénomènes. D’abord l’hiver, qui suppose que l’on se chauffe, en particulier comme entreprise, qui se conjugue au trafic automobile, mais aussi à l’anticyclone avec l’absence de vent et une température plus élevée en hauteur qu’au sol, ce qui permet de constituer une forme de cloche sous laquelle la pollution automobile s’accumule avec celle liée au chauffage bien sûr.

Mais n’oublions pas que le trafic automobile représente 56 % de l’émission des particules fines. Alors il a fallu que l’Assistance publique- Hôpitaux de Paris et un certain nombre de pneumologues communiquent sur leurs recherches et leurs études pour que les arguties pro-automobilistes fassent enfin silence. L’étude « Pollux » sur les urgences pédiatriques a relevé 47.000 cas d’asthme sur 1,3 million de patients passés aux urgences, et a conclu la chose suivante : les particules ultra fines PM 2,5, celles qui ne sont pas filtrées par les pots d’échappement, les fameux pots d’échappement que les constructeurs automobiles louaient, sont directement responsables des passages pour asthme aux urgences.

Urgentiste et généralistes confirment : nous qui sommes en bonne santé, dans notre majorité, nous subissons des effets somme toute désagréables mais légers, bien que déjà inquiétants, comme les yeux rouges, la gorge qui pique et la toux. Mais les bébés et les personnes âgées subissent directement les effets des polluants déclencheurs de crise d’asthme et de pathologies respiratoires et cardio-vasculaires. Ce sont des urgentistes et des généralistes qui le disent. Le problème se pose d’ailleurs surtout à long terme et c’est bien là le sujet : les pathologies cardio-vasculaires et les cancers sont responsables d’une diminution de l’espérance de vie en Ile-de-France et à Paris c’est démontré.

Oui, ce budget permettra de lutter contre la pollution automobile et de poursuivre la transition écologique :

- le remplacement des véhicules diesel d’ici 2020 quand la Région fait le choix d’attendre 2029 ;

- le développement des énergies renouvelables et l’isolation des bâtiments, collecte des biodéchets – merci aux 2e et 12e arrondissements de s’engager dans cette démarche à titre expérimental, avant une généralisation que j’espère la plus rapide possible sous l’autorité, le dynamisme et la détermination de Mao PENINOU ;

- la végétalisation des bâtiments et des espaces publics – j’attends avec impatience l’inauguration des parcs des berges rive droite ;

- la mise en place de la vignette Crit’Air qui permettra d’écarter de la circulation en cas de pollution les véhicules les plus polluants ;

- une incitation à acheter des véhicules propres électriques hybrides rechargeables.

Je crois que les Parisiens sont prêts : 61 % sont favorables à la circulation alternée et c’est peut-être la seule conséquence positive du pic de pollution que nous avons eu la semaine dernière.

La Ville agit avec la gratuité du stationnement, l’aide à l’installation de bornes Autolib’, Scootlib’.

Nous sommes à la veille d’une grande transition et c’est notre responsabilité de poursuivre dans cette voie, avec une grande détermination collective que comprennent nos concitoyens.

Nous y avons intérêt pour espérer vivre plus longtemps à Paris. Nous y avons aussi intérêt économiquement car nous produisons notre électricité. Nous l’exportons même, alors que nous continuons à importer pétrole et gaz enrichissant des Etats qui bénéficient en plus parfois d’avantages fiscaux – je pense au Qatar – pour faire leurs emplettes et d’énormes investissements immobiliers parisiens. C’est une aberration et je souhaite qu’elle cesse le plus vite possible.

Je vous remercie.

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Auteur :Thomas LAURET

Originaire du Sud de la France (Montpellier et Nîmes), Thomas LAURET, 46ans, devient Directeur d'hôpital en 1997 après ses études à Sciences Po.Inspiré par M Rocard dès son adolescence, il s'engage pour le PS en 2002 dans le 16e ou il habite en soutenant un projet qui allie efficacité économique, lutte contre la pauvreté et protection de l'environnement. Il est élu conseiller d'arrondissement en 2008 puis Conseiller de Paris en 2014. A ce titre, il préside l'association parisienne de dépistage des cancers (ADECA75). Depuis juillet 2016, il est adhérent d'En Marche et, convaincu de la nécessité de dépasser les vieux clivages pour faire réussir la France. Il a créé avec Julien Bargeton, en octobre 2017, le groupe Démocrates et Progressistes du Conseil de Paris dont il est Porte Parole

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