Conseil de Paris : intervention de Thomas LAURET sur la communication « Objectif Paris propre »

Conseil de Paris : intervention de Thomas LAURET sur la communication « Objectif Paris propre »

À l’occasion du Conseil de Paris des 27, 28 et 29 mars 2017, Thomas LAURET est intervenu dans le cadre du débat sur la communication « Objectif Paris propre », présentée par la Maire de Paris Anne HIDALGO et son adjoint Mao PENINOU.

Madame la Maire, mes chers collègues,

La propreté de Paris est un sujet récurrent qu’il nous faut toujours aborder avec sérénité. Il serait regrettable, en effet, d’instrumentaliser ce sujet à des fins électoralistes. Certes, je suis habitué dans mon propre 16e arrondissement à voir fleurir des tracts sur cette thématique à la veille des élections avec nostalgie des années 80 et promesse d’un futur nickel si l’élu de droite est réélu. Mais je ne peux croire à un manque d’objectivité. Pourtant, dans son intervention de mars 2012, il y a 5 ans exactement, et dans le même contexte de campagne présidentielle qu’actuellement, Madame KUSTER affirmait : « Parce qu’en ce moment, on peut être en campagne présidentielle, en campagne […] législative, les gens ne parlent que d’une chose : c’est la saleté à Paris ! » Et elle renchérissait : « arrêtez de parler de copilotage avec les maires d’arrondissement : il n’existe pas ! Nous n’avons aucun pouvoir hiérarchique, aucun moyen matériel et aucun moyen financier. »

Dans le 16e arrondissement, c’est le même refrain : Paris serait la capitale la plus sale d’Europe et le 16e serait sanctionné par une mairie centrale sectaire qui voudrait « punir le bourgeois » ; Quand les résultats ne sont pas bons, c’est la faute de la Mairie centrale ; quand ils sont positifs, c’est grâce à la concertation avec les arrondissements.

Il y a donc deux débats qui seraient garants de l’efficacité ou de l’inefficacité de nos services : un débat centralisation/décentralisation et un débat « services en régie/ ou délégation  au privé ».

Les maires de droite seraient pour plus de décentralisation et pour plus de privé. Mais ce serait oublier que la centralisation s’est faite lorsque Paris est devenue une collectivité locale à part entière, en 1977, sous l’impulsion du Maire de l’époque, un certain Jacques Chirac. C’est lui qui a souhaité rassembler les services de la propreté et de la gestion des déchets.

En revanche, c’est bien Bertrand Delanoë qui a décidé, en 2009, de modifier le périmètre confié au privé ou géré en régie et d’élargir les compétences accordées aux Mairies d’arrondissement en mettant en œuvre un copilotage des actions de nettoiement, au plus proche des quartiers.

Lorsqu’on se plonge dans l’historique de la propreté à Paris, on constate là aussi un éternel recommencement. Les bases d’un service de la propreté de la ville ont ainsi été jetées au XVIIème siècle, alors qu’auparavant l’usage voulait que tous les déchets soient déversés dans les rues, et il revenait aux habitants de s’en charger. La grande majorité des déchets étant alors putrescibles, ils étaient éloignés de la ville et revendus sous forme d’engrais. Avec le Plan Biodiversité et le recyclage des déchets, nous renouons avec cette économie circulaire d’antan. Dans les années 1870-80, le préfet Eugène Poubelle a mis en place les conteneurs spécialisés qui portent toujours son nom, et les premiers camions à moteur électrique – nous y revenons là aussi – ont été lancés en 1914. Depuis, les services de propreté ne cessent de se moderniser grâce à la multiplication des véhicules, leur adaptation aux besoins spécifiques des quartiers, et l’amélioration des conditions de travail des agents.

Pour revenir au débat qui nous intéresse aujourd’hui, loin des postures idéologiques, la communication du jour montre que nous avons fait le choix du pragmatisme et de la confiance dans nos équipes. Les régies sont maintenues là où elles existent et nous avons engagé de nombreuses actions de modernisation depuis le début de la mandature. D’autres intervenants reviendront dessus.

Je souhaiterais profiter de cette intervention pour souligner aussi le poids du regard des autres sur les agents de la propreté. Le recueil de paroles d’agents, réalisé par la DPE et qui nous a été remis par Mao Peninou en commission, compile leurs impressions en montrant à la fois la    conscience qu’ils ont de la qualité due aux parisiens et la difficulté d’un métier pas toujours considéré à la hauteur de l’importance de cette mission. L’un d’eux écrit par exemple que : « Nous avons souvent l’impression d’être transparents, invisibles. Les gens font semblant de ne pas nous voir, sauf s’ils veulent se plaindre ou nous faire une remarque désagréable sur notre statut ou notre façon de faire notre métier. Il nous arrive, de temps en temps une bonne surprise, un ‘bonjour’ ou un ‘bon courage’ qui font toujours plaisir. C’est seulement pendant les grèves qu’ils s’aperçoivent que nous leur manquons. »

«  les gens respectent plus le facteur alors qu’il leur apporte des factures ! » L’un d’eux dit ainsi que : « Les gens peuvent être très désagréables. Ils ne respectent pas notre travail. Il faudrait les verbaliser davantage. Cela les aiderait à comprendre que nous sommes tous responsables de la propreté d’une rue ou d’une place. »

Il est vrai que le travail quotidien des agents de la propreté et les actions de sensibilisation menées par la Ville pour éveiller les consciences à l’effort collectif que constitue une ville propre s’apparente au mythe de Sisyphe. Puni par les dieux grecs, cet homme devait pousser sans fin un rocher en haut d’une montagne jusqu’à ce que le rocher dévale la pente et qu’il doive recommencer son effort. Grâce aux mesures que vous venez d’annoncer, Madame la Maire, sous l’impulsion de votre adjoint Mao PENINOU, nous réunissons les deux facteurs nécessaires à la propreté d’une ville aussi dense que Paris : la responsabilité individuelle du bon geste et l’amélioration constante des techniques mises au service de la propreté.

Je vous remercie.

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Auteur :Thomas LAURET

Originaire du Sud de la France (Montpellier et Nîmes), Thomas LAURET, 43 ans, choisit la gestion d'un service public essentiel à notre santé en devenant Directeur d'hôpital après ses études à Sciences Po. Il prolonge son engagement dans la chose publique en soutenant les valeurs progressistes de la gauche sociale et démocrate dans un arrondissement particulièrement acquis à la droite, le 16e arrondissement de Paris. Il est élu conseiller d'arrondissement aux élections municipales de 2008 dans le 16e sur la liste conduite par Jean-Yves MANO, l'adjoint de B Delanoë au logement. Il est élu secrétaire de la section PS du 16e en 2012. Investi tête de liste par les militants pour les municipales 2014, il est élu Conseiller de Paris et du 16e en mars 2014. A ce titre, il préside l'association parisienne de dépistage des cancers (ADECA75)

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